
Asie du Sud-Est : Un cinéma en floraison au Festival de Clermont-Ferrand
ActualitésFestival International du court métrage de Clermont-Ferrand
Publié le 29 janvier 2026 par
Le focus géographique du festival du court métrage de Clermont-Ferrand célèbrera du 30 janvier au 7 février l’émergence d’une jeune génération de cinéastes d’Asie du Sud-Est, dans la foulée de celle de Wregas Bhanuteja, récompensé à Cannes pour son malicieux Prenjak en 2016.
Bâti en quatre sessions chapeautées de pastilles générées par IA (signées NiceAunties), ce programme s’achève sur une célébration clipesque du folklore vietnamien laissant craindre que le pire se trame, entre «tradition » et « modernité ». Un tel châssis semble fait pour trembler sous l’effet des contrepoints qu’offre la sélection clermontoise.
Retours vers l’argentique et autres œillades au cinéma de genre témoignent ici de cinéphilies aussi vivaces que soucieuses de leur histoire. Aninsri daeng, film d’espionnage queer de Ratchapoom Boonbunchachoke (Fantôme utile), réinvestit par exemple cette autre « tradition » qui remonte à l’après-guerre : le doublage de films en Thaïlande. Plusieurs de ces fictions mettent sur la sellette la possibilité d’une romance, dans des contextes souvent infestés de patriarcat.
Ainsi de Saigon Kiss de la Germano-Vietnamienne Hong Anh Nguyen, de Cross My Heart and Hope to Die de la jeune Philippine Sam Manacsa, qui met en scène une employée de bureau cernée d’un hors-champ que se disputent des hommes, et du très beau Late Blooming in a Lonely Summer Day de Sein Lyan Tun, sur le désir qu’une commise de cuisine entre deux âges éprouve pour l’un de ses collègues – il s’agit d’ailleurs du seul film birman de cette programmation.
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Car si le dynamisme des Philippines, du Vietnam, de l’Indonésie et de Singapour s’y fait sentir, ce focus porte inévitablement la trace des contrastes économiques de l’Asie du SudEst, incluant quelques déserts cinématographiques (à l’instar du Laos). Deux programmes « hors panorama » respectivement consacrés au film d’horreur et au cinéma thaïlandais viendront le compléter ainsi qu’une séance tournée vers l’histoire du Cambodge : L’Image manquante de Rithy Panh sera projeté au centre de documentation de la Jetée le 14 janvier.
Lucie Garçon
Anciens Numéros



