Actualités/

My Stolen Planet de Farahnaz Sharifi

My Stolen Planet de Farahnaz Sharifi (2024).

My Stolen Planet de Farahnaz Sharifi

ActualitésBest Of DocCritique

Publié le 2 mars 2026 par Charlotte Garson

À l’occasion de Best of Doc, redécouvrez My stolen planet de Farahnaz Sharifi, vendredi 13 Mars à 20h à la salle des fêtes – Bilia. (Re)découvrez ci-dessous notre critique parue dans le CDC n°821.

La « planète volée » de Farahnaz Sharifi, c’est la vie hors de son domicile à partir de ses 7 ans, quand la révolution iranienne de 1979 a (notamment) obligé femmes et filles à se voiler.

Mais ce documentaire enregistre un autre vol : la perquisition de son domicile qui la contraint à l’exil en 2022. À ces dépossessions fait contrepoids la collection de home movies d’inconnus que Sharifi a constituée sans relâche, rachetant des films Super 8 qu’elle numérise.

Le temps de cette opération technique, chaque photogramme clignote sur son écran d’ordinateur avec la persistance des anonymes qui se sont tus. Qu’est-ce qui peut demeurer « privé » dans une dictature ?

Se gardant de disserter, elle entrelace le présent de femmes qui « marchent en quête de liberté depuis quarante ans » et le passé de ces bandes laissées derrière elles par la diaspora. La finesse du tressage tient à la façon dont Sharifi, également monteuse, met en regard des événements choquants (un avion commercial ukrainien abattu par les autorités iraniennes s’écrase en pleine rue) et des fêtes d’hier et d’aujourd’hui, attestant que quand l’intimité est niée par le régime et que l’espace public s’étend à tout lieu, un geste privé (ôter son voile, danser) devient vital, subversif, historique.

Lire aussi : “L’Invasion de Sergueï Loznitsa : Lignes de vie

L’autre agilité du découpage consiste à orchestrer un glissement des archives vivaces de dîners et de fêtes familiales d’inconnus à la mère de la réalisatrice en train de perdre la mémoire. Sans jamais transformer sa mère en allégorie d’un oubli programmé par un environnement totalitaire, Sharifi compense son étiolement, l’étaye d’images de famille – la sienne et celle des autres.

Le film lui-même s’offre ainsi en « planète » alternative où cohabitent exilés et résidents, archivistes et amnésiques.

Charlotte Garson

MY STOLEN PLANET
Allemagne, Iran
Réalisation, scénario, son, image, montage Farahnaz Sharifi
Musique Atena Eshtiaghi
Production JYOTI Film Gmbh, PakFilm
Distribution Contre-jour distribution
Durée 1h26

Partager cet article

Anciens Numéros